| Expérience de cinétique par conductivité. |
Hydrolyse de l'acétate d'éthyle par une solution de soude.
Principe En solution aqueuse basique, les ions hydroxyde OH- réagissent sur les esters. Lorsque lester est lacétate déthyle, la réaction sécrit CH3COOC2H5 + OH- Au cours de la réaction, les concentrations en ester et en ions OH- diminuent, tandis celles en éthanol et en ions acétate CH3COO- augmentent. La concentration en ions sodium Na+, qui sont présents lorsque la base utilisée est la soude, reste inchangée (ions spectateurs). Les ions acétate CH3COO- remplacent progressivement les ions hydroxyde OH-. Comme ils se déplacent plus lentement dans leau que ces derniers, la résistance de la solution augmente avec lavancement de la réaction. On peut donc suivre l'évolution de la composition du mélange réactionnel en mesurant sa résistance. Cellule de mesure de la conductivité délectrolytes liquides
Le conducteur électrolytique que lon veut étudier occupe lespace compris entre ces électrodes. Une armature en verre fixe la géométrie de lensemble, isole les faces externes des électrodes et soustrait les fils conducteurs de leffet éventuellement corrosif des solutions.
Facteur géométrique de la cellule Conductimètre
Réalisation de l'expérience : Au temps t = 0, on mélange rapidement et sous agitation, des volumes égaux (100 mL) de solutions aqueuses d'ester 0,1 mol.L-1 et de soude 0,1 mol.L-1 . Simultanément, on déclenche le chronomètre. La température initiale de ces solutions est la température ambiante. La cellule de mesure de la conductivité et un thermomètre (pour contrôler la constance de la température en cours d'expérience) sont immergés dans ce mélange. Les réglages du conductimètre ont été préalablement effectués.
On relève ensuite à intervalles de temps réguliers, la valeur de la résistance Rt de la solution en cours dévolution. Comme la réaction d'hydrolyse est équilibrée, les mesures ne sont effectuées que pendant une dizaine de minutes. Dans ces conditions, les résultats des mesures expérimentales peuvent être exploités sans difficulté en raison de la forme simplifiée que prend la loi de vitesse : le terme correspondant à la réaction se déroulant dans le sens de la formation de l'ester peut alors être négligé. En fin d'expérience, on mesure également les valeurs des résistances de solutions aqueuses de soude 0,05 mol.L-1 (R0 = 122 Ω ) et d'acétate de sodium 0,05 mol.L-1 (RNaOAc = 347 Ω ) qui correspondent respectivement à la solution initiale et à la solution que l'on obtiendrait si la réaction était totale. Simulation de la manipulation :
Traitement des données expérimentales :
Relations conductivités-concentrations La conductivité c dune solution diuée d'un électrolyte fort est reliée aux conductivités équivalentes li des espèces ioniques qu'elle contient, aux nombres de charge zi de ces espèces et à leurs concentrations Ci :
En négligeant dans tout ce qui suit la contribution des protons (voir note), cette relation conduit aux expressions de la conductivité de la solution.
Détermination de l'ordre de la réaction Pour obtenir la valeur de l'ordre d'une réaction chimique, on compare le comportement expérimental obtenu à ceux que lon déduit de l'étude de modèles. On effectue cette comparaison en commençant par l'ordre le plus petit. Ordre 0 On suppose que les ordres partiels de la réaction d'hydrolyse par rapport à l'ester et aux ions hydroxyde sont nuls. Dans ce cas, la concentration du réactif décroit linéairement. On écrira donc, en tenant compte de la concentration en réactifs au temps t et à t = 0 : C0 - Ct = - k t + C0 soit Ct = k t .
Par conséquent, si la réaction d'hydrolyse était d'ordre global 0, la variation de l'inverse de la résistance en fonction du temps serait une droite de pente négative car
Ainsi que le montre la courbe ci-dessous, les points obtenus à partir des valeurs expérimentales ne s'alignent pas sur une droite.
La réaction nest donc pas dordre global 0. Ordre 1 Pour une réaction de type A + B d'ordre partiel 1 par rapport à A et d'ordre partiel 0 par rapport à B, En terme de conductivités, et en utilisant les relations (2) et (3) , cette relation sécrit :
Les points obtenus avec cette expression sont portés sur la figure suivante :
On constate que les points ne sont pas alignés, on peut donc en conclure que la réaction nest pas du 1er ordre. Ordre 2 On peut supposer que la réaction est dordre global 2, plus précisément dordre partiel 1 pour chacun des réactifs. De plus, en se plaçant dans le cas particulier où les concentrations initiales des réactifs sont égales, on obtient : Les relations (1) et (3) conduisent à . En utilisant (1), on obtient, après avoir simplifié par le facteur géométrique de la cellule : Le graphe représentant la variation de Le traitement des résulats expérimentaux conduit au tableau : Les points construits à partir des données des deux denières lignes du tableau sont représentés ci-dessous : Essai du modèle relatif à une réaction du deuxième ordre. La droite qui passe par ces points a un coefficient directeur Doù la valeur du coefficient de vitesse : |